Modem Paris 5ème

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vendredi, janvier 29 2010

La mixité sociale, les quotas de boursiers et le génie de la lampe, par Alain Dolium.

Depuis près de 20 ans la classe politique traite la question de la mixité sociale et du renouvellement des élites comme s’il s’agissait du génie de la lampe et qu’il suffisait de prononcer le nom sacré de mixité pour qu’elle apparaisse sur le champ. Ainsi la nouvelle manière d’affirmer la mixité, plutôt que de l’imposer, résiderait dans une politique de quotas dans les grandes écoles. Poser la question des quotas d’entrée aux grandes écoles sans considérer les problèmes de formation antérieurs n’est que la conséquence d’une analyse tronquée de m’état des lieux de l’éducation en France, d’une hypocrisie sans faille et d’un manque de vision. Le concours d’entrée aux grandes écoles est aujourd’hui le dernier ilot de méritocratie perdu dans un océan de connivences et de non-dits.

Nous sommes confrontés aux résultats d’une massification de l’éducation et nous avons laissé croire au mirage d’un élitisme accessible à tous. La massification des filières générales n’a que déplacé le problème en créant de nouvelles poches de reproductions sociales. C’est le choix de la langue, de l’établissement ou de l’option rare qui rassemble désormais les “bons” élèves entre eux dès la 4eme. Le choix de cette langue ou de cette option rare étant le fruit d’un milieu social favorable où les clefs du succès scolaire sont largement détenues. En réalité dès la quatrième les jeux sont faits, sans qu’une grande partie des parents et des collégiens ne s’en rendent compte. Ces classes, déjà d’élite, se caractérisent le plus souvent par une ambiance studieuse, des établissements en bon état, un rythme très soutenu et des professeurs d’expérience. L’ensemble de ces éléments permettra l’épanouissement optimal de cette classe.

Plus tard ces mêmes élèves auront accès mieux que les autres aux subtiles différences de débouchés entre un IUT, une licence classique et une prépa. Si par hasard, celui qui n’est pas issus des détenteurs de ces clefs de succès arrivait tout de même au concours, les épreuves très académiques de culture générale et langues finiront de nourrir l’endogamie du recrutement dans les grandes écoles.

Rien n’est interdit, mais quel que soit l’acquis de l’élève il sera toujours plus difficile de compenser le déficit environnemental que les établissements scolaires des zones populaires n’ont plus les moyens de lisser.

Au-delà d’un problème d’orientation, c’est une vision de la société qui se dessine. Favoriser la propagation de la richesse, du diplôme de génération en génération, est rassurant pour tous dans une société pétrifiée par la peur du déclassement social. Aucune volonté d’exclusion, juste une cécité collective encouragée par certains, peu nombreux mais d’une efficacité redoutable !

Pour que ce système soit accepté il faut cependant que les moins prémunis puissent s’accrocher à un espoir, fut il mince. Cet espoir a désormais un nom : le quota. Le nouvel effet de manche d’une majorité familière de la multiplication des illusions d’opportunités pour une classe populaire dont elle doit ménager le vote. Au moment clef, à la fin des études secondaires, où se décide l’attribution d’une bourse les élèves des milieux populaires ont déjà, par trop grand nombre, décroché depuis longtemps.

Nouveau venu en politique j’observe qu’il est plus facile de s’attaquer publiquement à la métrique d’un problème qu’à ses causes. Pour avoir fait le chemin, pour soutenir régulièrement des jeunes issus des quartiers populaires à travers mon implication dans la monde associatif je souhaite ne pas me focaliser sur les quotas, mais aux 10 ans de plafonds de verre et d’obstacles qu’il faut dépasser pour arriver à jouer un rôle dans les sphères dirigeantes lorsqu’on vient des classes populaires.

Alain Dolium (Tête de liste Démocrates Ile-de-France)

iledefrancedemocrate.fr

lundi, janvier 25 2010

Rencontrons nous, ce soir, en bas de chez vous !

Bonjour,

Les démocrates du 5e se réunissent ce soir. Encartés, sympathisants, curieux ... tout le monde est le bienvenu !

Le tout au sous sol de la pizzeria Comedia (107, rue Monge) de 8h à 11h. Passez dire bonjour, nous avons de nombreux sujets très intéressants à discuter ensemble ce soir !

Philippe Meyer nous fait le plaisir, à chaque fois renouvelé, de se joindre a nous.

A bientôt, l'équipe du 5e

mercredi, janvier 20 2010

François Bayrou @France Inter : "Prenez la liste de ceux qui étaient au Fouquet's..."

Invité des "Questions du mercredi", une émission de France-Inter, "Le Monde" et Dailymotion, mercredi 20 janvier, François Bayrou estime que le salaire d'Henri Proglio, PDG d'EDF, est "une atteinte à la décence et aux principes".

vendredi, janvier 8 2010

Procès Jeudi Noir : Le point

Objectif de l’occupation de ce bâtiment place des Vosges (où est née la marquise de Sévigné) par 30 militants de Jeudi-Noir en galère de logement ? JN : Montrer que sur le front du logement, non, tout ne vas très bien madame la Marquise et monsieur le ministre du logement

Objectif du procès ? JN : Montrer que le droit au logement ne heurte pas le droit de propriété quand celui ci est inexercé. En clair, quand le propriétaire se passe volontairement de loyers depuis 44 ans, il est infondé à réclamer les 115.000 euros d’indemnités, véritable épée de Damocles (mais version nucléaire) que les avocats de la partie adverse font peser sur les étudiants et jeunes précaires en galère.

Verdict ? JN : le 18 janvier

On fait quoi ?? JN : On est en train de préparer quelque chose pour le rendu du jugement, on vous tient au courant… en attendant, on a lancé un appel aux dons pour les frais d’avocats (promis ça ne servira pas à payer des éventuelles indemnités !) http://www.jeudi-noir.org/Soutenez-les-habitants-de-la-place.html

L’équipe de Jeudi-Noir

PS / Petite revue de presse incomplète mais qui montre que si, on peut parler du logement et du fond en ces temps de grippe A, de Mont St Michel enneigé et d’ouverture des soldes :)

Ouest France : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-La-vieille-dame-face-a-ses-jeunes-squatters-_3636-1216271_actu.Htm

Le Monde : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/06/le-collectif-jeudi-noir-devant-les-tribunaux_1288316_3224.html

Les Inrocks : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1262881021/article/squat-place-des-vosges-br-le-mercredi-sombre-de-jeudi-noir/

France Soir : http://www.francesoir.fr/faits-divers/2010/01/07/jeudi-noir-proces.html

le Point : http://www.lepoint.fr/actualites/2010-01-06/proces-symbole-sur-fond-de-crise-du-logement-a-paris/1037/0/410975

BFM : http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/le-collectif-jeudi-noir-en-proces-3530128/ __ et le Zapping ! (émission du 7 janvier)__ : http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid1830-c-zapping.html

lundi, décembre 28 2009

Emmanuel Todd, LeMonde : "Ce que Sarkozy propose, c'est la haine de l'autre"

Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED). Article complet sur lemonde.fr

...

Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature.

...

Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme. Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.

La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.

jeudi, décembre 24 2009

Réforme de La Poste : François Bayrou a voté contre le projet de loi présenté par le gouvernement

François Bayrou, député des Pyrénées-Atlantiques, a voté contre le projet de loi relatif à la réforme de La Poste et des activités postales.

Le scrutin a eu lieu à l'Assemblée nationale, mardi 22 décembre.

Retrouvez l'analyse du scrutin public ici.

vendredi, décembre 18 2009

Inscription sur les listes électorales : Appel des bloggeurs démocrates pour la citoyenneté

Appel des bloggeurs démocrates pour la citoyenneté

Nous, bloggeurs militants, acteurs de la vie de la cité, nous réjouissons que de nouveaux espaces de débats d'opinion et de constructions des choix collectifs fassent évoluer la démocratie.

Néanmoins nous clamons que l'acte démocratique garant de nos libertés, de nos valeurs républicaines, de notre modèle de société et de l'égalité de tous devant les choix qui s'offrent à nous reste LE VOTE !

Ainsi, 2010 sera une année où nous devrons à nouveau nous exprimer pour choisir dans chaque région les projets et les équipes qui auront à répondre aux enjeux de transports, d’éducation, de formation professionnelle, de logement et de développement économique.

Nous appelons aujourd’hui tous nos concitoyens qui ne l’auraient pas encore fait à s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 Décembre 2009, pour être acteurs et décideurs de l’avenir de nos régions les 14 et 21 mars prochains. Agir pour ne pas subir!

S’inscrire sur les listes électorales, c’est simple, ça ne prend pas plus de cinq minutes et ça peut tout changer. Il suffit de se rendre au service élection de votre mairie, de vous munir d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1367.xhtml

Pour relayer au mieux cet appel nous incitons nos lecteurs à transmettre largement ce billet autour d’eux et à arborer fièrement l’avatar citoyen sur leurs profils sociaux ou leurs blogs.

Publié sur :

Ataraxosphère http://ataraxosphere.canalblog.com

Fred Badina http://fredbadina.hautetfort.com

Erwan Balanant http://www.imagespolitiques.net

Cyril Bègue http://cyril.over-blog.fr

Françoise Boulanger http://lecanardalorangedeslandes.over-blog.com

Pierre Braun http://www.pierrebraun.fr

Sylvain Canet http://www.sylvaincanet.fr

Christelle Carcone http://oreadecentriste.blog.20minutes.fr

Patricia Gallerneau http://modempornichet.over-blog.net

Générations Engagées http://www.generationsengagees.fr

Christophe Grébert http://www.monputeaux.com

Paul Guermonprez http://guermonprez.eu/paul/blog

David Guillerm http://singulierdemocrate.over-blog.fr

Marie-Anne Kraft http://www.mediapart.fr/club/blog/Marie-Anne%20Kraft http://mariannerepublique.hautetfort.com

Matthieu Lamarre http://matthieulamarre.lesdemocrates.fr

Céline Letemplé http://debout.lesdemocrates.fr

Isabelle Loirat http://isabelleloirat.over-blog.fr

Antonin Moulart http://connexion-democrate.com

MIP http://marie-isabelle.hautetfort.com

Chantal Portuese http://modemvarois.over-blog.com

BGR http://www.humanidem.fr

Smael Sebti http://www.sebti.fr

Nicolas Vinci http://nicolasvincionline.blog.lemonde.fr

mardi, décembre 8 2009

Livre Orange : le programme du Mouvement Démocrate

La dernière version du programme du Mouvement Démocrate est sorti. Demandez le programme ! A télécharger ici

J'ai eu l'honneur d'être le rapporteur et un des contributeurs pour la partie NT/internet, d'autres membres du modem 5eme ont contribué à d'autres parties. N'hésitez pas à lire le livre orange et nous donner votre avis. Soit par ce site soit en venant lors des réunions du modem5 qui sont ouvertes à tous.

jeudi, novembre 19 2009

France-Irlande : "dans un monde idéal, il faudrait rejouer le match", pour François Bayrou

François Bayrou a estimé jeudi 19 novembre que "dans un monde idéal, il faudrait rejouer le match", à propos de la victoire de la France sur l'Irlande grâce à une main de l'attaquant Thierry Henry, ajoutant qu'il était "persuadé que si l'arbitre avait posé la question à Thierry Henry, il aurait dit la vérité".

"J'ai vu le match et comme tout le monde je n'étais pas très fier et comme tout le monde je me dis pourquoi on n'a pas l'arbitrage vidéo. Il existe au rugby, il marche très bien. Il n'y a pas de raison qu'on ne l'ait pas au football, cela n'a pas de sens", a-t-il conclu.

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Sondage : Les Français et les sans-abri

Communiqué de presse / Association Emmaüs Jeudi 19 novembre 2009

Trois fois plus de Français qu’en 2007 pensent qu’il est « très possible » qu’ils deviennent un jour sans-abri.

Un sondage exclusif* de l’Association Emmaüs et de l’Institut CSA, révèle que trois fois plus de Français qu’en novembre 2007 pensent « très possible » de se retrouver un jour sans-abri (12 % contre 4 % en 2007).

Au total, en deux ans, le nombre de personnes qui imaginent « très possible » ou « probable » de devenir un jour sans-abri passe ainsi de 47 à 56 %.

Une semaine avant la 2e Nuit solidaire pour le logement**, le 27 novembre prochain, l’association a également demandé aux Français s’ils se sentaient solidaires des personnes contraintes de vivre à la rue et qui, selon eux, était responsable de la situation des sans-abri.

L’intégralité des résultats de cette étude est à la Une du nouveau site Internet de l’Association Emmaüs, en ligne aujourd’hui sur www.association.emmaus.fr

TELECHARGER les résultats complets du sondage CSA

1. Pensez-vous que vous puissiez devenir un jour sans-abri ?

Oui : 56 % (47 % en 2007)
Oui, c'est très possible : 12 % (4 % en 2007)
Oui, cela pourrait arriver : 44 % (43 % en 2007).

Non : 43 % (52 % en 2007)
Non, il y a peu de chances : 26 % (36 % en 2007)
Non, jamais : 17 % (16 % en 2007)

mercredi, novembre 18 2009

Intervention d'Abdoulatifou Aly a l'Assemblée Nationale sur la récidive

''Abdoulatifou Aly est député de Mayotte, un des trois députes du Mouvement Démocrate.' voir son blog www.aly-mayotte.fr'

Madame la Présidente,

Madame la Ministre d’État,

Mes Chers Collègues,

C’est avec une certaine gravité que je prends la parole devant vous sur un sujet qui doit nous amener, nous tous, quels que soient étiquettes politiques, à privilégier la réflexion sur la passion et à faire prévaloir des solutions à la fois pragmatiques, de bon sens et conformes aux valeurs républicaines, et en particulier aux libertés publiques, auxquelles nous sommes tous attachés.

En la matière je souhaite préciser d’emblée que je suis étranger à toute forme d’angélisme, qui consiste à nier tant les problèmes d’insécurité eux-mêmes que la forte préoccupation qu’ils génèrent chez nos concitoyens. « La sécurité, première des libertés » : je suis prêt à signer cette phrase des deux mains, sans aucune difficulté.

Pour autant – et je le dis avec la même force – c’est avec la plus grande réserve que je reçois, Madame la Garde des Sceaux, votre projet de loi qui fait suite à la décision du Conseil constitutionnel ayant censuré plusieurs dispositions de la loi du 25 février 2008, ainsi qu’au rapport remis par le Président LAMANDA.

Je le reçois avec la plus grande réserve dans la mesure où, pour des résultats incertains, il remet en cause des fondements de notre État de droit.

En premier lieu, il s’appuie sur la rétention de sûreté, qui est ô combien contestable dans son principe puisqu’elle supprime toute relation entre la commission d’une infraction et la privation de liberté. Les quelques aménagements et adaptations proposés dans le présent texte, notamment aux articles 1er, 2 et 3 et qui sont la conséquence de la censure du juge constitutionnel, apportent certes une amélioration mais ne changent pas la nature de cette rétention de sûreté, qui fait problème en elle-même.

J’ai en mémoire, comme chacun d’entre vous, mes chers collègues, les propos de notre illustre prédécesseur, Victor HUGO, qui dans « les Misérables », a défendu l’idée qu’après l’exécutions de la peine infligée les anciens condamnés puissent retrouver la plénitude de leurs droits. que mes maîtres m’ont enseigné. Ne sommes-nous pas alors aujourd’hui dans un fantastique retour en arrière ?

Ensuite, je dois avouer un malaise certain face à la notion de dangerosité et à son entrée dans notre arsenal pénal. Je me méfie beaucoup d’une société dans laquelle tel ou tel serait dangereux a priori, et – pourquoi pas ? – dès l’âge de trois ans, pour reprendre une déclaration du Président de la République quelques temps avant son élection.

Par ailleurs, force est de déplorer l’instabilité juridique dont sont l’objet ces questions pénales. Cette instabilité est le résultat d’une succession de réactions trop souvent au coup par coup, sous l’effet de l’émotion, qui ne peuvent pas constituer une politique cohérente et de long terme, surtout lorsque notre Assemblée travaille dans l’urgence ou en procédure accélérée.

Que notre société ait le droit et le devoir de se protéger contre la récidive criminelle, tout particulièrement contre des crimes qui touchent les plus faibles d’entre nous, c’est une évidence. Bien sûr, des mesures vigoureuses doivent être prises en termes d’application réelle des peines – ce qui pose aussi la question des moyens dévolus à notre système judiciaire – et de suivi socio-médical et je suis prêt à vous suivre là-dessus.

Mais cela ne doit se faire au détriment des principes fondamentaux de notre République. Je ne mets aucunement en doute votre attachement à ces principes, Madame la Garde des Sceaux, je connais vos convictions sincères mais vous le savez : « l’enfer est pavé de bonnes intentions. »

Le souci d’éviter la récidive ne doit pas nous conduire au-delà de l’exécution de la peine, à douter de l’efficacité des mesures de suivi socio-judiciaire pour exiger, sous prétexte de dangerosité ou de risque de récidive, des mesures complémentaires de surveillance de sûreté voire de rétention de sûreté. Ce qui aboutira au final à cumuler les refus de réduction de peine avec le suivi socio-judicaire et surtout la perpétuelle surveillance ou la rétention de sûreté sans fin alors même que la peine principale aura été totalement exécutée.

Pour terminer, je voudrai attirer votre attention sur les termes de l’article 9 du projet de loi qui tend à ne pas étendre à Mayotte le droit au bénéfice de l’aide juridictionnelle pour tout justiciable poursuivi dans le cadre de la surveillance ou la rétention de sûreté.

Cette disposition est contraire à la loi organique du 21 février 2007 dite DSIOM qui prévoit qu’à Mayotte, c’est le droit commun national qui s’applique en matière de procédure pénale et de droit pénal.

Au-delà de ce problème de légalité, je dois souligner qu’il s’agit plutôt d’une question de constitutionnalité puisqu’il est de jurisprudence constante et bien établie du Conseil Constitutionnel que les libertés et droit fondamentaux sont et demeurent les mêmes sur l’ensemble du territoire de la République.

A l’heure où le Président de la République réaffirmait le 6 novembre dernier à la clôture des Etats généraux de l’outre-mer que tous les citoyens sont égaux même s’ils sont différents, il ne faut pas laisser l’impression que la République, une et indivisible, serait devenue tout d’un coup multiple et plurielle au point que certains sont dorénavant plus égaux que d’autres.

Je vous remercie.

dimanche, novembre 15 2009

Rencontres de Dijon : intervention de Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, est intervenu samedi 14 novembre aux rencontres politiques qui avaient lieu à Dijon.

"Chers amis,

Au mois d'août, nous avons eu une première rencontre à Marseille, qui a fait quelque bruit, parce qu'elle bousculait. Elle bousculait des habitudes, des routines, des a priori, des conservatismes. Nous en étions conscients lorsque nous avons accepté de parler ensemble, de dire : si nous voulons que ça change, si nous trouvons que notre pays ne va pas dans le bon sens, alors quelque chose nous rassemble. Et si nous sommes républicains et démocrates, épris de justice, alors ce qui nous rassemble doit être plus fort que ce qui nous sépare. Et ce rassemblement ne s'arrêtera pas.

Nous avons une vérité à l’esprit, de plus en plus évidente : aucun d’entre nous ne gagnera tout seul. Nous avons pu croire le contraire par le passé. Certains d’entre nous ont même pu réaliser ce rêve. Certains n’en ont pas été loin. Mais désormais, cela est derrière nous. L’étude publiée par Libération cette semaine le dit de la manière la plus criante : le clivage droite/gauche, même si, évidemment, je ne confonds pas les deux, n’est plus pertinent pour les deux tiers des Français ! Et à l’intérieur même de ceux qui croient toujours à ce clivage, les préférences partisanes sont elles-mêmes complètement éclatées.

En tout cas, pour moi, ceci est une certitude : personne ne gagnera tout seul.

J’ai une deuxième certitude : pour gagner, il faudra mobiliser toutes les forces disponibles. Tous les républicains, tous les démocrates, quelle que soit leur préférence de parti, leur histoire, doivent peu à peu être rendus compatibles les uns avec les autres.

Ce ne sera pas difficile : en fait, ce ne sont pas les idées qui séparent, ce sont les préjugés. Ce ne sera pas difficile, à une condition : c’est qu’on apprenne à se respecter et à se parler. Autrement, les forces d’alternance apparaîtront comme éclatées, explosées, incapables de tracer un chemin convaincant pour le pays.

Et c’est pourquoi nous sommes là.

J’ajoute une dernière condition. Il faut accepter la différence. Il faut accepter que tout le monde ne pense pas la même chose. Il faut accepter de parler, de réfléchir, y compris avec des gens qui pensent tout à fait différemment. Pourvu qu’ils acceptent le but commun. La différence n’est pas à craindre, si elle conduit au dialogue, à l’échange des idées ! Ce qui est à craindre, ce qui est à redouter, c’est le sectarisme, le préjugé qui fait proclamer : « je ne vais tout de même pas discuter avec celui-là, ou avec celle-là ! »

Notre conviction à nous, c’est qu’il y a beaucoup à apprendre dans le dialogue des différences et même des divergences. Car nous avons la charge de reconstruire ensemble un pays qui ne va pas bien et de ce pays nous sommes tous citoyens, coresponsables de l’alternance.

C’est particulièrement vrai en matière d’école.

Pouvons-nous accepter que la situation de l’École continue sans changement ? Pour moi la réponse est certainement non.

Je laisse à d’autres le procès en responsabilité. Les ministres de l’éducation des deux dernières décennies s’appellent Lionel Jospin, Jack Lang, François Bayrou, Claude Allègre, Luc Ferry, François Fillon, Gilles de Robien, Xavier Darcos, aujourd’hui Luc Chatel. J’étais moi-même la directrice de cabinet de François Bayrou rue de Grenelle. Si c’était facile de changer les choses dans le bon sens à l’Éducation nationale, ça se saurait.

Mais nous ne pouvons accepter d’en rester là. Nous ne pouvons accepter d’en rester à la situation d’aujourd’hui ! C’est, à juste titre, le premier budget de la nation. Mais les résultats sont purement et simplement impossibles à accepter pour des Républicains, pour le peuple français.

Il est impossible d’accepter que nous ayons chaque année 40 % des enfants, c’est à dire près de 300.000 élèves, qui ne maîtrisent pas la lecture à l’issue de l’école primaire ! 25 % qui déchiffrent, mais ne comprennent pas la substance d’un texte et 15 % qui n’arrivent même pas à déchiffrer. Et si vous projetez ces 40 % cinq ou six ans après, vous les retrouvez tous ou presque dans la galère : 15 % en échec total qui sortent du système éducatif, à la fin de la 3 ème, sans diplôme ; 25 % à la peine, sans qualification réelle… Comme si le destin scolaire était fixé dès le plus jeune âge.

Ce n’est pas cela l’école de la République !

Et regardons à quel point la situation des enseignants s’est dégradée. En quelques années, on est passé de 15 % seulement des enseignants qui souhaitaient changer de métier, à 65 % aujourd’hui. Et un concours - le CAPES de Lettres, pour ne prendre qu’un exemple - qui attirait, il y a 10 ans, 12.000 candidats, en compte moins du tiers aujourd’hui.

Ce n’est pas cela non plus, l’école de la République !

J’ai pris ces deux exemples, mais nous pourrions tous les multiplier.

Or je crois, même si je suis condamnée pour optimisme outrancier, que cette situation n’est en rien irréversible, à condition de faire des choix nécessaires et simples.

Choix nécessaires et simples. Il faut arrêter de triturer constamment l’organisation scolaire, d’empiler réformes sur réformes, dont tout le monde sait qu’elles ne seront pas mises en place et, le seraient-elles, qu’elles ne changeraient rien.

Il faut partir des fondations. La question la plus importante est la réussite de l’école maternelle et primaire. Je ne sépare pas l’école maternelle de l’école primaire. Je ne suis pas de ceux qui voient dans l’école maternelle une garderie, et dans les maîtres des puériculteurs ou puéricultrices dont l’essentiel du travail est de changer les couches. C’est vrai que l’école maternelle est une originalité française et je la trouve juste. La vocation de l’école maternelle, qui est une école, et maternelle au sens de la compréhension, de la protection de l’enfant, c’est de répondre aux inégalités culturelles et sociales. C’est d’amener les enfants, par une maîtrise précoce de la langue, à vivre ensemble, tout en éveillant leurs capacités.

Je suis désolée de le dire : il ne peut pas y avoir de débat sur l’objectif de l’école primaire. Il ne doit pas y en avoir. L’objectif de l’école primaire, en-dehors des très rares enfants en situation de grande difficulté, ce doit être de donner les bagages nécessaires à tous, 100 %, pour la vie et la suite des études. L’objectif, c’est 100 % de lecture, plus que jamais. Car contrairement à ce que l’on pouvait penser il y a quelques années, on en aura toujours besoin : pensez au monde internet. 100 % d’écriture. 100 % de connaissance des nombres. Et je veux ajouter 100 % de sport et 100 % d’une activité artistique, en mettant l’accent en particulier sur la musique, trop absente de la France.

Ceci doit conduire à modifier l’organisation de l’année scolaire. Elle n’est en France que de 144 jours par an (4 jours pendant 36 semaines) alors qu’elle est en Europe, en moyenne, de 185 jours. La journée des écoliers français est la plus longue du monde, mais nos écoles sont fermées la moitié de l’année. L’objectif que nous devons nous fixer est de parvenir en quelques années à rejoindre la moyenne européenne. Alors, je sais bien que nombreux seront les acteurs économiques qui interviendront pour que rien ne change, des stations de sports d’hiver aux gîtes ruraux. Mais cette réforme doit être conduite. La journée de travail scolaire doit être allégée pour l’enfant, et pour les professeurs afin qu’ils puissent enseigner, à un meilleur rythme.

Voyez-vous, j’observe les débats éducatifs depuis quinze ans. Et je vois qu’il y a de larges débats, passionnés, brûlants entre, pour simplifier, ceux qui disent "l’enseignement valide repose sur des contenus solides et maîtrisés", et ceux qui disent "l’enseignement valide c’est celui qui épanouit la personnalité".

Je ne suis pas du sérail. Et voir ce débat qui n’en finit jamais m’a toujours laissée rêveuse. Mais j’ai une opinion sur ce sujet : l’enseignement valide c’est celui qui unit les deux ! " Connaissance solide et compréhension" chaleureuse.

Il faut des connaissances solides pour construire un jugement, une compétence, une conscience (et pour moi c’est le dernier mot qui est le plus important : je devrais même dire une conscience civique). Et il faut que s’épanouisse, cela manque trop en France, la créativité de chaque fille, de chaque femme, de chaque garçon, de chaque homme. La créativité artistique, la créativité de recherche, la créativité économique, la créativité du savoir, tout cela en réalité est lié. C’est dans la création, l’inventivité, que l’être humain trouve son plein épanouissement, et le pays qui les rassemble aussi.

Dans ce que la République doit à ses jeunes enfants pour qu’ils accèdent à l’autonomie, je veux insister devant vous sur la langue. La langue, c’est le pouvoir et c’est la vie. L’expression des émotions, la présentation de soi-même, l’empathie, l’autorité, la reconnaissance, le rire, l’analyse, tout cela, c’est la langue. La langue, c’est le nécessaire et presque le suffisant. Elle doit donc être au sens propre la priorité, puisqu’elle concentre en une seule démarche connaissance et création.

Et il me semble que ceux qui exercent le pouvoir ne l’ont pas vraiment compris puisqu’ils nous expliquent que pour redorer la filière littéraire, on va en faire une filière internationale ! C’est-à-dire une filière qui vaudra non pas par la maîtrise de notre langue mais par la maîtrise des langues étrangères… Or le droit, la psychologie, la réflexion, la philosophie, tout cela est langue et devrait servir de facteur commun à toutes les formations.

Nous voulons une École où plus un seul enfant ne soit en situation de fragilité ou d’échec en face de la langue. Nous voulons une École où plus un seul élève ne sorte du CE1 sans savoir lire. Pour parvenir à cet objectif, il faudra concentrer les efforts sur le cycle des apprentissages fondamentaux (Grande section de maternelle, CP et CE1). Mettre le paquet sur le repérage et la remédiation dès le pré-élémentaire. Pratiquer le dédoublement de la classe et la gestion par petits groupes en cours préparatoire. Expérimenter des formes nouvelles d’organisation : par exemple, un enseignant pourrait garder la même classe pendant deux ou trois ans. Fixer clairement des obligations de résultats à atteindre à la fin du CE1. Généraliser les évaluations comparatives. Les mettre au service des enseignants. Publier et répandre les bonnes pratiques.

Bref, il faudra une mobilisation de tous contre l’échec scolaire pour éviter à l’avenir que ne rentrent chaque année au collège des milliers de jeunes qu’on envoie dans le mur, dont on sait par avance que la scolarité sera plombée, et qui se retrouveront quelques années plus tard durablement au chômage. S’il y a un défi que nous devons relever ensemble, c’est bien celui-là. Et c’est pour moi de loin le plus essentiel. Si nous parvenons à inverser cette tendance, alors nous aurons fait œuvre utile pour le pays.

Cette mobilisation, il nous faudra la poursuivre au collège : un collège où l’on refuse la sélection précoce, que nous avons connu en France jusqu’aux années 70, et cependant où l’on reconnaisse la diversité des élèves face à l’enseignement scolaire.

Je pense toujours que la proposition que nous avions faite au milieu des années 90 d’un "collège hors les murs", qui proposerait tout autre type de formation que le cours qu’on subit pour ceux des élèves qui subissent, est toujours d’actualité. Je rappelle la règle que nous avions proposée : que cet "enseignement actif", par la passion et les vraies aptitudes de l’élève, par le geste, par l’art, par la mécanique, par le sport, par le théâtre, puisse à des carrefours clairement balisés permettre à ces élèves de retrouver la scolarisation classique.

On me dira : mais pourquoi ne pas proposer ce type de scolarisation à tous. Pour deux raisons : parce que je sais que, dans un pays en grave difficulté financière, et où l’enseignement secondaire est déjà un des plus chers du monde, nous n’aurons pas les moyens, et parce que je ne trouve pas stupide de donner plus à ceux qui ont le plus besoin.

Le collège doit donc être différencié au profit de ceux qui s’y trouvent actuellement en situation de blocage et donc des enseignants qui eux aussi sont à cours de réponses.

De même l’enseignement professionnel doit être revalorisé pour que l’orientation vers cette filière ne soit plus vécue comme une forme de déclassement pour l’élève et sa famille. Ce qui est pour le moins paradoxal quand on sait que des qualifications de plus en plus élevées sont exigées aujourd’hui pour exercer nombre de métiers. Désormais, il faut maîtriser l’informatique, la technologie, avoir en même temps de solides acquis en matière de culture générale. Ces nouvelles exigences sont autant d’opportunités nouvelles pour la voie professionnelle, dont il faut tout faire pour qu’elle devienne la filière du plein emploi, notamment en adaptant mieux l’offre de formation aux débouchés professionnels.

J’en viens au lycée qui a seulement moi deux fonctions : construire une architecture de connaissances et de capacités, dans ses voies générales, techniques, professionnelles qui soit déjà consistante et reconnue. Donc armer pour la vie. Et préparer aux enseignements supérieurs, universités, recherche, écoles, mais aussi BTS ou IUT dont il faut augmenter le nombre de places pour que davantage de jeunes en bénéficient, en particulier ceux de l’enseignement professionnel et technologique. Il est en effet inacceptable que les places en IUT soient trustées par les bacheliers de la série S, contraignant les bacheliers professionnels ou technologiques à faire un choix par défaut en s’inscrivant en universités où ils se retrouvent le plus souvent en situation d’échec.

Le lycée, ce n’est pas seulement un lieu de passage. C’est un niveau de formation qui doit trouver sa reconnaissance en tant que tel. Je crois même que ce niveau devrait être plus exigeant.

La double finalité du baccalauréat mérite d’être ainsi repensée, même si je m’avancerai avec beaucoup de prudence sur ce terrain, symboliquement dangereux. Mais permettez moi de dire simplement que 86 % de reçus à l’examen, cela ne me paraît pas très cohérent avec plus de 50 % d’échec par la suite… Et une épreuve aussi lourde sanctionnée par 15 % de candidats ajournés, cela me paraît assez peu raisonnable.

Ce débat nous le reprendrons quand nous aborderons la question de l’enseignement supérieur et de la recherche. Question pour moi essentielle, tant je crois que la recherche doit être centrale dans tout parcours universitaire, et que tout le monde gagnerait à ce que soient pris en compte les parcours de recherche dans le recrutement des cadres de la nation ou de l’entreprise.

En parcourant le système éducatif de la maternelle à la terminale, je ne vois que des défis accessibles.

On me dira que je n’ai qu’effleuré la question des moyens.

Je la traite devant vous. L’état des finances publiques est tel que quiconque vous promettra pléthore de moyens supplémentaires vous racontera des histoires. Et cependant je crois que le meilleur investissement pour la nation, c’est la sécurité morale et matérielle d’une école, d’un collège, d’un lycée général, technique ou professionnel. Je crois à l’amélioration, quand on le pourra de la situation des enseignants, à la création de parcours qui leur permettent de bouger, professionnellement, s’ils le souhaitent. Je crois qu’il faut leur faire confiance, les aider en leur fixant des objectifs clairs,en mutualisant les bonnes pratiques, en donnant plus de liberté au terrain, en favorisant la créativité. Je crois à la place de musiciens, de plasticiens, de sportifs qui se joindront à eux. Je crois que ce fonctionnement, c’est le meilleur investissement. Il faut le protéger et résister à Bercy qui veut, toujours, couper dans l’éducation pour équilibrer ses comptes, comme on le voit depuis des années. Notre école a besoin de sérénité, de stabilité, et de la garantie qu’elle aura les moyens de sa mission. C’est l’engagement que nous prenons aujourd’hui devant vous.

Pardonnez-moi d’avoir livré devant vous une vision personnelle. C’est celle d’une femme que la vie a conduite rue de Grenelle, où elle a été très heureuse, en même temps qu’elle était parente d’élèves, et qui est fascinée par l’attente justifiée que la société investit dans son école.

J’ai conscience que cette vision n’est pas unanimement partagée. C’est très bien. Je plaide pour la diversité. Je plaide pour le pluralisme de la pensée. C’est ainsi qu’on progresse, par le débat et le respect mutuels. Je disais en commençant que ce qui nous rassemble existe, aussi différents que nous soyons. J’ai une autre certitude : ce que nous avons à faire est plus grand que nous, que nos intérêts, d’idéologie ou de parti ou de carrière. C’est peut-être la dernière chance de retrouver la vocation et la reconnaissance de l’école de la République, qui est pour moi, formatrice de liberté, vrai moyen de l’égalité, vrai lieu de fraternité.

Autrement dit, l’École c’est le visage de l’identité républicaine, qui est pour moi, et je crois pour nous, le vrai nom, non déformable, non instrumentalisable de l’identité nationale."

Marielle de Sarnez

samedi, octobre 31 2009

Jean Tiberi invité a parler de l'affaire Chirac sur Public Sénat. Pas de Commentaires ...

mercredi, octobre 14 2009

François Bayrou : "L'affaire Jean Sarkozy, un abus de pouvoir et une provocation pour les Français"

mardi, octobre 13 2009

François Bayrou : "Tous les piliers solides de la France s'effritent"

Dans un entretien accordé au quotidien "Le Monde" daté du 11-12 octobre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, s'exprime sur l'état actuel de la France.

Prix Nobel à Barack Obama, gouvernance de Nicolas Sarkozy, affaire Mitterrand, dette et déficits, suppression de la taxe professionnelle, les perspectives relatives aux élections régionales de 2010.... François Bayrou revient sur tous ces sujets qui font l'actualité. (Lire la suite)

Le Monde : Barack Obama méritait-il le prix Nobel de la paix ?

François Bayrou : Cette récompense arrive tôt, très tôt. Disons qu'elle salue des intentions et un changement de cap plutôt que des résultats effectifs. En ce sens, c'est un grand défi que les Nobel lancent à Obama. Il faut qu'il obtienne des résultats. Mais au moins a-t-il en peu de mois changé l'image des Etats-Unis dans le monde, et donc un peu aussi l'équilibre du monde. Ce peut être un grand tournant.

L'affaire Mitterrand est-elle close ?

Qui peut savoir ? Lorsque M. Mitterrand a été nommé, ceux qui le nommaient savaient quels étaient ses écrits. Et certains sont violents, à la limite de l'insupportable, comme le genre de vie qu'ils décrivent. Pour moi, je crois et j'espère qu'un homme qui constate l'insupportable de sa vie peut changer. Mais sa fonction de ministre peut être rendue plus problématique...

Nicolas Sarkozy avait fait sa campagne contre Mai 68, faut-il faire l'inventaire de 1968 ?

Je n'ai jamais participé à la vindicte contre 68. Mai 68, ce n'est pas la cause de tous les maux, c'est la conséquence de mouvements très profonds de la société française, qui viennent de très loin. Dans l'héritage de 68, il y a des choses positives du point de vue des libertés, de la prise en main par chacun de son propre destin, d'un sentiment communautaire, et il y a des choses négatives, voire extrêmement négatives, la plus grave étant la dérive qu'on a tolérée et encouragée vis-à-vis de l'enfance et de l'adolescence. Une société qui expose les enfants est une société barbare. Sur ce point, il y aura un jour nécessairement interrogation.

L'ouverture participe-t-elle du brouillage idéologique ?

L'ouverture à la mode Sarkozy, ce n'est pas le dépassement des frontières que j'appelle de mes voeux, c'est la société de communication, du spectacle. On prend non pas des idées, des consciences, mais des figures médiatiques, pour abuser l'opinion publique. Mon idée de l'ouverture est exactement le contraire : la situation de la France est tellement grave qu'il sera impératif de traiter la crise sous forme d'une union nationale. Dans l'infinie dégradation qu'il connaît, depuis l'éducation jusqu'à la justice, ce pays exigera qu'on sorte de l'affrontement des camps et du simplisme pour choisir une voie nouvelle et reconstruire - car il s'agira bien de reconstruire - un pays équilibré.

Pourquoi un tel catastrophisme ?

Voyez ce qui vient de se passer en quelques jours. Dans la même semaine, le gouvernement propose de subventionner les élèves pour qu'ils viennent en classe. Il livre le pactole du marché des jeux sur Internet à des intérêts privés, bookmakers et autres, au mépris des principes que la France respectait depuis 150 ans : le jeu, parce qu'il est dangereux, est organisé par l'Etat. Il annonce que le déficit de l'Etat atteint 50 % de la dépense publique ! Et le fils du président de la République se voit installé (à 23 ans et sans aucune compétence particulière) à la tête de l'établissement public d'aménagement du quartier de La Défense, un des intervenants les plus puissants dans l'aménagement au niveau européen. Tous les piliers solides sur lesquels notre pays s'était construit, en termes de principes, de décence, de raison, chancellent et s'effritent. Cela rappelle l'Empire romain.

Quel est le principal défi de l'après-crise ?

La dette : chaque heure de la journée, quand on fait une dépense publique de 1 000 euros, il faut en emprunter 500 ! Ce déficit a augmenté de 350 % en deux ans ! Et contrairement à ce qu'on dit, les choses ne vont pas s'arranger. Comme Jean Peyrelevade l'a montré, la charge de la dette est devenue telle qu'il ne peut y avoir de rétablissement à politique constante. Pendant des années et des années, tout le travail des Français sera ponctionné pour rembourser, notamment à l'étranger, cette charge qui a été constituée à leur insu. Ce déficit, désormais, fait boule de neige : il semble hors de tout contrôle. Notamment si les taux d'intérêt augmentent. Pour inverser la tendance, il faudra un immense effort national, Etat, collectivités, citoyens. Cela ne se fera pas sans un changement profond, majeur, dans la politique du pays.

Faut-il poursuivre la réduction du nombre de fonctionnaires ?

On peut le faire, si cela n'est pas décidé à l'aveugle et si on sait réorganiser l'Etat. Mais il est illusoire de croire qu'on trouvera là les économies suffisantes.

Faut-il taxer les indemnités liées aux accidents du travail ?

Non, on ne peut pas les considérer comme un salaire normal. C'est la compensation par l'assurance d'un dommage subi. Et il y a souvent des pertes de revenus supplémentaires liées à cet arrêt de travail.

La réforme des collectivités va-t-elle dans le bon sens ?

L'idée principale, rapprochement des départements et des régions, je la défends depuis longtemps. Je suis donc disposé à la soutenir et à la voter, à une condition impérative : qu'il y ait une loi électorale juste, représentant équitablement les grandes sensibilités du pays, comme le fait la loi électorale allemande.

Comprenez-vous les réticences des élus ?

C'est normal, les élus ont envie de conserver leurs prérogatives. Mais le système actuel ne va pas. Il n'est plus possible de conserver deux institutions (départements et régions) avec des élus qui s'ignorent pour faire à peu près la même chose. Moi, je veux changer les choses. Le conservatisme n'est pas une solution.

Partagez-vous la colère d'Alain Juppé sur la réforme de la taxe professionnelle ?

Oui. Les collectivités ont reçu des assurances formelles et l'on découvre que ces assurances ne seront pas respectées. En vérité, quand un impôt est accepté, il faut y toucher avec prudence. Les intérêts qui pèsent sur la décision du gouvernement sont puissants. Mais les milliards qui seront rendus aux industriels les plus puissants, il faudra les prendre à de plus fragiles. Ce sont autant de décisions dont on n'a pas pesé les conséquences.

Après votre échec aux européennes, vous avez formulé une offre de dialogue publique à l'opposition. Avec qui allez-vous discuter ?

Ma démarche repose sur cette conviction : face à la dégradation du pays, au dévoiement de son projet national, il faut changer nos institutions, reconstruire complètement la pensée et cette révolution ne peut pas se faire camp contre camp, démagogie contre démagogie. Il faut donc que ceux qui cherchent l'alternance acceptent de se parler, de confronter leur point de vue, sans renoncer à rien de ce qu'ils sont, à leur histoire, à leurs idées. Cette idée avance, je le crois, et j'espère qu'elle se concrétisera dans les semaines qui viennent. J'essaie d'être l'accoucheur d'un espoir crédible pour le pays.

La percée des Verts ne contrarie-t-elle pas votre appel ?

Pourquoi donc ? Je les crois aussi attachés à sortir de l'impasse dans laquelle se trouve la France. Sur le fond j'ai une différence avec eux : l'environnement est un problème pour l'humanité mais je ne crois pas que les problèmes de la société française se résument à l'environnement. Les banlieues, les inégalités sociales, l'école, la santé, la situation des jeunes totalement abandonnés, celle des finances publiques ne se résument pas au problème de l'environnement.

Corinne Lepage et Jean-Luc Bennhamias vous poussent à un accord national avec les Verts. Y êtes-vous favorable ?

Le choix que j'ai fait depuis longtemps, c'est celui du rassemblement. Etre soi-même, et en même temps faire tomber les murs, dépasser les frontières. Avec les écologistes dans certaines régions ? J'y suis ouvert. Mais cela ne nous dispensera pas de construire nos propres forces.

Propos recueillis par Sophie Landrin et Arnaud Leparmentier

dimanche, octobre 11 2009

Une petition qu vaut votre signature ! #jeansarkozypartout

Organisée par Christophe Grébert, élu MoDem de www.monputeaux.com et bien sur ouverte a tous ceux qui disent non au népotisme.

La pétition c'est ici

Pour rigoler un peu, le fil twitter #jeansarkozypartout

jeudi, octobre 8 2009

Prochaine réunion du Mouvement Démocrate 5eme : 15 octobre à 20h !

Si vous êtes adhérent et que vous n'avez pas reçu l'email d'invitation, nous contacter pour les détails : contact@modem5.fr

mercredi, octobre 7 2009

Législative Yvelines : Le NC lache le candidat UMP et lance un appel au vote MoDem !

C'est dans le Parisien ici.

Le candidat UMP qui ne fait pas unanimité, c'est David Douillet. Richard Bertrand, élu Modem, a visiblement convaincu bien au delà de son parti !

mercredi, septembre 30 2009

Jean Lassalle s'oppose au projet de privatisation de La Poste

vendredi, septembre 25 2009

L'affaire Tapie devant le tribunal administratif

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